Que vous soyez indécis ou déterminé à soutenir un candidat, que vous soyez adhérent(e)s depuis quelques semaines ou plusieurs années, nous, militants, du courant « Nouveau Parti Socialiste » dans le 14ème vous soumettons ici notre analyse politique pour éclairer les enjeux des scrutins des 16 et 23 novembre prochains et nous vous donnons d'ores et déjà rendez vous:
Réunion du NPS 14eme
Mercredi 8 novembre à 20h30
au local de section du PS
51 rue de Gergovie 75014
(Métro Plaisance ou Pernety)
Le NPS est le seul courant constitué autour d’idées et non d’un présidentiable.
Le NPS s’est créé au lendemain du 21 avril 2002, afin de se battre à la fois pour l’ancrage à gauche et la rénovation du Parti socialiste. En 2005, lors du Congrès des socialistes du Mans, nous avons convaincu, sur cette orientation, 25% des adhérents de l’ensemble du PS et 33% des adhérents du 14ème arrondissement de Paris.
Parmi nos idées forces, nous refusons la logique monarchique de la cinquième République qui tend à substituer des destins individuels à une ambition collective. Forts de cette conviction, nous affirmons que nos idées ne peuvent ni se dissoudre ni s’incarner mécaniquement dans la candidature d’un des trois prétendants aux scrutins internes de novembre. Ce que nous voulons, ce n’est pas seulement lever une espérance en faveur d’un homme ou d’une femme providentiel(le), c’est répondre concrètement à la demande démocratique et sociale. C’est pour cela que le NPS a pesé de toutes ses forces sur l’écriture du projet des socialistes afin qu’il soit le plus légitime possible au moment d‘entrer dans la campagne face à la droite.
Depuis quatre ans, le NPS est fier d’avoir participé aux victoires électorales des régionales ou des européennes, ainsi que celle du 29 mai 2005 ou du mouvement contre le CPE. Mais nous conservons aussi le goût amer d’une société devenue plus violente, plus dure avec les faibles, plus difficile à transformer, plus soumise que jamais aux intérêts des puissants.
Les conditions politiques qui ont mené au 21 avril 2002 se sont aggravées.
Depuis 2002, la politique de la droite n’a cessé d’être désavouée par les Françaises et les Français, que cela soit lors des scrutins intermédiaires ou dans les puissants mouvements sociaux. Chaque fois que l’occasion leur en était donnée – comme le montre le résultat sans appel du référendum sur le Traité constitutionnel européen de mai 2005 -, nos compatriotes ont manifesté avec force leur opposition aux politiques libérales et de déréglementation qui détruisent l’emploi, accroissent les inégalités et favorisent l’insécurité. Au « chacun pour soi » prôné par la droite au nom du « droit du plus fort » ils ont répondu par un « tous ensemble » au nom du principe de solidarité. Le désaveu de la politique menée depuis 2002 est incontestable et devrait permettre à la gauche d’aborder dans les meilleures conditions possibles les échéances électorales à venir.
Pourtant, malgré toutes ces données qui devraient nous permettre d’aborder la période qui s’ouvre dans la plus grande sérénité, il faut bien constater que le débat actuel entre les candidats suscite des interrogations fortes, voire des inquiétudes.
Selon nous, les socialistes ont perdu en 2002 parce qu’ils avaient accepté de regarder la société avec les yeux de la droite et la hiérarchie des problèmes sociaux qu’elle voulait imposer. Aujourd'hui, selon un scénario identique, la stratégie d’affirmation de notre projet glisse progressivement vers une autre stratégie principalement élaborée autour du dialogue avec l’opinion publique. Un nombre croissant de sujets présentés échappe alors de plus en plus au clivage entre la droite et la gauche, voire divise la gauche. C’est en effet à partir de nos rangs que nous avons entendu qu’une politique de sécurité, une politique économique, une politique européenne, une politique éducative n’était ni de gauche ni de droite, mais efficace ou inefficace.
Nous ne rappellerons jamais assez que cette pente est dangereuse, car elle conduit les socialistes à intégrer eux même qu’il est trop compliqué de réguler l’économie, trop compliqué de lutter contre les délocalisations, de redistribuer plus justement la richesse, qu’il est vain de freiner la dégradation globale des conditions de vie des individus et de leur capacité à vivre ensemble. Quand hier on opposait au pessimisme de la raison l’optimisme de la volonté, quand on disait le monde est dur, on doit le changer, aujourd’hui on dit le monde est dur on doit s’adapter. Avec ce discours et cette analyse politique, c’est oublier que la gauche se situe dans un camp dans les conflits d’intérêts qui s’expriment dans notre société. Penser gagner des voix ailleurs en jetant aux oubliettes la lutte contre ceux qui possèdent aux côtés de ceux qui vivent de leur travail, c’est en perdre à gauche et réunir les conditions de la défaite.
Des piliers essentiels doivent être portés dans la campagne des socialistes en 2007
C’est pourquoi, dès aujourd’hui, le Parti socialiste et donc ses candidats doivent parler aux Français, combattre la droite, défendre ses propositions pour une France solidaire et rassembler la gauche. Le NPS souhaite rappeler les engagements pris collectivement devant le pays car il est temps de revenir à l’essentiel, c’est-à-dire à la confrontation, projet contre projet, avec la droite, autour de 5 axes forts.
1. Rénover la démocratie, redonner un sens à la responsabilité politique.
Tout le monde le constate : notre système institutionnel traverse une crise grave qui est d’abord et avant tout une crise de confiance de nos concitoyens envers les responsables politiques. Plusieurs cohabitations, l’habitude prise par l’actuel président de la République de ne jamais tenir compte de la volonté des Françaises et des Français et de maintenir coûte que coûte les orientations et les hommes qu’il a choisis et dont plus personne ne veut, le non-respect des engagements pris lors des campagnes électorales, la déconnexion de plus en plus flagrante entre les convictions et les ambitions… sont autant de motifs pouvant expliquer ce désamour. La cinquième République, sous sa forme actuelle, a montré ses limites et renforce le sentiment d’éloignement entre le peuple et ses élus et tout d’abord avec le Président de la République qui apparaît de plus en plus comme un « intouchable », ce qui nourrit le populisme et les extrémismes. Le ou la candidat socialiste doit clairement s’engager à rénover en profondeur nos institutions, à redonner un sens à la responsabilité politique. Il est temps de faire vivre une véritable république parlementaire dans laquelle le Premier ministre présente une déclaration annuelle de politique générale suivie d’un vote du Parlement. Les pouvoirs des citoyens doivent pouvoir être renforcés dans le cadre d’une nouvelle république.
2. Combattre les inégalités, faire vivre la solidarité.
L’affirmation d’une politique socialiste de réduction des inégalités doit être un autre axe de la campagne que nous mènerons l’an prochain. Une politique pour le logement afin de casser la logique de ghettoïsation de nos territoires. Une politique de santé qui, à l’opposé de ce qu’à fait la droite, favorise la santé publique seule garante d’un accès égal aux soins. Une politique de lutte contre la pauvreté et la détresse sociale qu’elle engendre. Une politique de solidarité entre les générations garantissant notre système de retraites par répartition. Une politique de solidarité entre les territoires notamment grâce aux services publics. Une politique en faveur de l’école qui garantisse l’égalité de tous les jeunes, combatte les écoles ghettos et engage des moyens importants pour faire reculer l’échec scolaire et l’insécurité dans les établissements.
3. Agir pour une autre Europe au service des citoyens.
Le 29 mai 2005 une grande majorité de Françaises et de Français et notamment d’électeurs de gauche, ont manifesté avec force leur rejet de l’Europe libérale que voulait entériner le Traité constitutionnel européen. Celle ou celui que les socialistes désigneront doit d’abord clairement indiquer qu’il a compris le message envoyé par les électeurs et qu’il s’engage, s’il est élu, à mettre le veto de la France à toute tentative de réintroduire par la fenêtre ce que le peuple a fait sortir par les urnes. La question de l’emploi et des délocalisations a été au cœur de la campagne référendaire et a pesé très fortement sur le résultat du vote.
Depuis le 29 mai rien n'a changé dans ce domaine, bien au contraire, et chaque jour de nouveaux emplois disparaissant de notre territoire. Pour lutter contre les délocalisations, la France doit porter en Europe la proposition d’imposer un Tarif extérieur commun à l’encontre des marchandises produites dans les pays ne respectant pas des normes sociales minimales. Plus généralement nous devons affirmer notre volonté de faire de l’Union européenne une véritable démocratie au service des citoyens et non pas des marchés. L’Europe doit avoir un rôle pour la promotion d’un développement durable respectueux de l’environnement et de rapports commerciaux équitables entre le Nord et le Sud, à l’encontre des tendances actuelles de la mondialisation libérale.
4. Assurer une meilleure redistribution des richesses au profit des salariés.
La question salariale est une autre préoccupation majeure de nos électeurs qui ont le sentiment de subir une érosion de leur pouvoir d’achat alors que dans le même temps les profits s’emballent. Le prochain gouvernement de gauche doit non seulement s’engager à convoquer une conférence salariale avec l’ensemble des partenaires sociaux, mais il doit aussi clairement indiquer qu’en cas d’échec de cette conférence – par exemple à cause de blocages du MEDEF – il prendra toutes ses responsabilités. Notre engagement est clair : il faut revaloriser les revenus du travail au détriment des revenus du capital et inverser la tendance funeste qui a fait, ces dernières années, passer prés de 10 % de la valeur ajoutée des salaires vers les profits. Un tel objectif signifie une revalorisation des bas salaires, en premier lieu du SMIC, et que soit initiée une nouvelle politique fiscale ayant pour objectif prioritaire la réduction des inégalités.
5. Défendre et renforcer notre modèle républicain d’intégration.
Les difficultés auxquelles est confrontée notre société et les problèmes de populations soumises à des conditions d’une très grande précarité permettent à la droite de chercher à remettre en cause notre modèle républicain d’intégration pour y substituer un communautarisme de type anglo-saxon. Au moment où tous les spécialistes constatent la supériorité de l’intégration sur le communautarisme, alors que la Grande-Bretagne vient de mettre le doigt sur les conséquences dramatiques du système qu’elle a mis sur pied, au lendemain de l’ouragan Katrina qui a mis en évidence les effets catastrophiques de territoires organisés en une mosaïque de ghettos… la gauche doit clairement s’opposer à ce projet dévastateur. La France doit rester un pays d’intégration, les principes de l’égalité républicaine doivent non seulement être préservés mais renforcés et le communautarisme qui favorise les conflits doit être clairement rejeté.
Tous ces points ne sont pas des exigences du seul NPS mais des engagements que les militants socialistes dans leur ensemble ont pris à plusieurs reprises et qui semblent parfois quelque peu oubliés par celles et ceux qui s’apprêtent à solliciter le vote de ces mêmes militants.
Ces engagements doivent enfin nous permettre de rassembler au-delà de notre propre parti l’ensemble de la gauche autour d’un programme fédérateur, car nous savons que c’est une condition sine qua non de la victoire. Toute tentation d’engager une autre stratégie, de chercher de nouvelles alliances, ne peut qu’aboutir à un désastre électoral et à la constitution de graves divisions entre les socialistes. Le rassemblement de la gauche reste la seule stratégie nous permettant de battre la droite en 2007. A cela aussi nous veillerons avec la plus grande attention.
Lors des votes des 16 et 23 novembre, il appartient à chacun de veiller à ce que ces exigences restent au cœur du projet que nous défendrons lors des prochaines élections présidentielles et législatives. Ce sont les conditions de notre victoire en 2007.
Olivier Daronnat
Animateur du NPS dans le 14eme